Biographie

par Florence Beaugier 13 Janvier 2011, 20:18 biblio-presse

Biographie

Moolinex est un artiste complexe, complet, pluriel, aux contours flous, impossible de le définir. Ce que l'on peut dire de lui? C'est qu'assurément il dispose d'une imagination très particulière, qui gravite autour du paradoxe essentiel de l'imagination, celle d'un certain développement du sens logique, de l'idée, du concept, du mouvement, du rythme, de la circulation, du tempo, du geste, du verbe, mais d'une façon très peu convenue et parfois très peu convenable.

Artiste, intelligent, populaire, brut, Moolinex réconcilie par le processus même de son oeuvre, ces termes à priori antinomiques, par la collusion de l'ordinaire, de la distance critique, et de toute l'invention poétique inhérente à l'art brut, non, à "l'art pute".

Moolinex est illustrateur, il travaille historiquement avec les Editions Requins Marteaux, Dernier Cri, ou encore le collectif Ferraille dont il est un des membres fondateur, mais aussi plus récemment avec L’Association, United Dead Artiste, La Boucherie Atelier Moderne, Superloto ou les éditions Cornélius.

Musicien, il joue un temps avec le groupe Magnétix, puis se produit seul sur scène, présentant un univers à la fois sensuel, rock and roll et performatif. Parfois sous le nom de King Custer Mc Carthy, mais aussi sous le nom de Moolinex, il publie par exemple en 2013, Mr Moolinex (K7 Elégances records), un opus décapant de 20 minutes.

Plasticien complet, il est à la fois peintre, dessinateur, sculpteur, tapissier, designer... Il expose aussi bien au MIAM (Sète), à Maison Rouge (Paris),

A la Halle St Pierre (Paris) qu’au Festival de la BD d’Angoulème.

Il participe à l’exposition Hôpital Brut avec le Dernier Cri (collectif international d’artistes plasticiens et graphistes) ou avec le collectif Johnnychrist, et bien d’autres comme tout récemment l'exposition L'army Secrète qui est en ce moment à La Maison Rouge à Paris pour laquelle il a réalisé, avec un groupe d'adultes handicapés mentaux du CREAH de Liège, une série de blousons "patchés", autours de la thématique du Rock and Roll et du Hard Rock.

On le trouve dans les collections du Musée de l’Abbaye de St Croix (La Rochelle) et du FRAC d’Angoulême.

Au commencement de cet imaginaire, il y a la Bande Dessinée. Des auteurs comme Pion, Bolino, Pierre La Police et surtout Gary Panther. On trouve aussi chez Moolinex toute la fantaisie, l’humour et la fascination pour la mort de l’iconographie mexicaine. Moolinex oeuvre au grand dégorgement d’images, celles de la publicité, de la mode, les icônes de la musique, des arts populaires, rien ne lui échappe, tout est absorbé puis régurgité pour nourrir le spectateur d’images fascinantes, le tout avec un humour grinçant et décapant...

Le parcours et les œuvres de Moolinex sont construits par la recherche et l’expérimentation, un cheminement qui le conduit à une perpétuelle remise en question. La prise de risque est son mot d’ordre, elle est la clef qu’il utilise pour déverrouiller les portes qui cloisonnent les univers de la Bande Dessinée, de la peinture, de la mode et de l’art contemporain.
Il ébauche puis rectifie successivement les contours d’un monde singulier qui appartient à tout un chacun, c’est là l’excellence Moolinex, une oeuvre toute à la fois, individuelle, collective, naïve, complexe, cruelle, drôle, triste, toujours réalise, preuve que l'on doit encore ce régaler du réel.

Depuis 2013, il participe au collectif d'artistes Johnnychrist avec Aurélie William Levaux. Dans leurs travaux à quatre mains, ils cherchent et expérimentent, un cheminement entre aphorismes et images, qui les conduit à une perpétuelle remise en question (le truc de moolinex, c'est à croire!). Artistes perturbateurs, ils cultivent activement le mauvais goût. Ils aiment la chose scandaleuse et la blague lourde. La prise de risque est leur crédo. Leurs dessins représentent assez souvent des épisodes tirés de l’imagerie des contes et de l’imagerie catholique. En les réutilisant, ils proposent des scènes qui, au premier coup d’œil, apparaissent bucoliques et touchantes, timides et un peu mièvres. Mais, à mieux y regarder, on s’aperçoit rapidement que la re-représentation qu’ils en font est un peu étrange. Scandaleusement curieuse, car dans leurs dessins, ils ébauchent puis rectifient successivement les contours d’un monde commun, le rendant par leur geste d’artiste, singulier, vivant et par là même quelque peu brutal. Depuis peu, l’œuvre de Johnnychrist, c'est vu complétée par des installations où les degrés de lecture continuent de se multiplier, et ce toujours dans l'esprit que chacun en prenne pour son grade.

En duo, en solo, en BD, en peinture, en couture, point de frontières esthétiques chez Moolinex, mais, point de techniques préétablies non plus. Tous les médiums et les supports sont bons à prendre, typex, collages, découpages, peinture, dessin, assemblages, canevas, vêtements... sont mis au service non seulement d’une iconographie ironique et distanciée, mais servent également cette question permanente et incontournable qu’il se pose : comment construire des images fortes, simples et drôles ? Et ce, surtout si la gravité des sujets rend l’exercice difficile, l’éducation, l’amour, la mort, le sexe, le rock and roll ou le 3ème Reich...

Sa recette ? Elle est inexplicable, on ne peut qu’en distinguer quelques ingrédients, comme sa capacité à faire en sorte que l’absurde l’emporte sur les tourments existentiels, son refus de l’autocensure et de toute forme de complexe voir de complexification.

Moolinex est en lutte contre les dogmes, le fatalisme et surtout contre l’intellectualisme forcené de la plasticité et de l’esthétisme d’aujourd’hui, plus que de s’y opposer, il en propose un état, et le spectateur y prend du plaisir, parce que fondamentalement ce que défend Moolinex, c'est le réel.

Florence Beaugier

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